Accompagner son chien quand la mobilité se réduit

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C’est un sujet qui me touche particulièrement car cela fait maintenant 6 ans que je cherche à améliorer le quotidien d’un de mes chiens, atteint de plusieurs pathologies limitant ses mouvements.

Que ce soit à cause d’une pathologie, d’un accident, ou tout simplement du vieillissement, ce n’est pas facile pour le chien de s’adapter à une mobilité réduite (pour son humain non plus d’ailleurs).

Chaque mouvement étant rendu plus difficile, plus couteux, ne rien faire devient la solution de repli. Sauf qu’il est important de conserver le mouvement et ainsi une certaine musculature, mais surtout il faut rester actif pour garder le moral!
Bien sûr le niveau d’activité d’un chien âgé se réduit mais il n’est pas nul, et dans le cas des jeunes chiens, cette restriction peut être très difficile à vivre.

Je vais donc vous proposer aujourd’hui des pistes pour aider votre chien à mieux vivre ses difficultés au quotidien.
Je ne vais parler ici que de mon domaine de compétences, à savoir l’écoute du chien et les activités qu’on peut faire ensemble, mais n’oubliez pas que le côté médical est extrêmement important et que les médecines douces, les compléments et l’alimentation sont également des points capitaux.

Se promener différemment.

Se balader avec un chien pour qui se déplacer n’est plus si facile, c’est particulier. Le rythme bien sûr est différent, mais l’envie aussi.
L’effort à fournir étant plus important, certains chiens peuvent perdre l’intérêt pour les balades, ou du moins certaines balades.
Afin de renouer avec le plaisir de l’extérieur, voici quelques petits conseils:

  • Connaître les goûts de son chien.

Tous les chiens ont leurs préférences en terme de lieu de balade, et si on veut motiver autant choisir le bon endroit.
Et inversement, certains peuvent développer une véritable aversion pour certains types de sol. Flappy par exemple déteste les chemins poudreux, parce que comme il traine les pattes avants en marchant, toute la poussière lui arrive dans la figure.
Il m’est déjà arrivé d’aller en animalerie avec mon chien, juste pour lui donner envie d’être ailleurs qu’à la maison.

  • Lui laisser choisir le chemin.

Pourquoi à gauche plutôt qu’à droite? Aucune idée. L’objectif est d’encourager le mouvement, alors peu importe la motivation, ce qui compte c’est que l’envie soit là.
Et en parlant motivation, l’espoir de trouver certains plaisirs en balade peut motiver le chien à se promener. Ainsi, même si un chien à poil long qui se roule dans du fumier, c’est pas tip top point de vue humain, le laisser faire jouera énormément sur son moral immédiat, mais aussi sur son envie de retourner se promener.

  • Accepter les pauses – ou fractionner la marche.

Ca peut être long, ça peut être peu plaisant mais c’est important.
Non seulement en faisant des pauses on respecte le rythme du corps de notre chien, mais on lui laisse aussi l’opportunité d’apprendre à explorer son environnement différemment, d’en profiter sans se déplacer. En effet, ce n’est pas parce qu’il ne bouge pas qu’il ne fait rien. La truffe au vent, il continue de découvrir, se divertir, réfléchir.
Si les pauses sont difficiles à respecter pour vous, pour une raison ou une autre, prévoir un moyen de transport pour votre chien peut être un bon compromis. Pour les plus petits il y a les sacs, pour les autres les poussettes ou remorques.

Etre à l’écoute des demandes de contact.

Etre diminué peut être angoissant, les douleurs peuvent également être présentes, aussi est il important d’être à l’écoute des demandes de soutien de notre chien.
Après plusieurs années, je sais reconnaître quand Flappy me demande d’être là, vraiment là avec lui, parce que ça ne va pas et qu’il est perdu. Je ne peux pas régler le problème, mais je peux le soutenir émotionnellement et mentalement en étant avec lui lorsqu’il me montre qu’il en a besoin.

Partager des activités adaptées.

Poursuivre, ou débuter d’ailleurs, une activité avec un chien à mobilité réduite a plusieurs avantages. Non seulement elle permet de maintenir le mouvement, mais c’est aussi un moment de partage avec son chien, de valorisation et un très bon outil de diagnostic – un entrain inférieur à l’habitude étant un signal d’alerte.

J’en ai testé – et j’en pratique toujours- plusieurs que je vous conseille d’essayer:

  • Le treibball.

Dans cette activité, on guide le chien à distance pour qu’il déplace des ballons et les ramène au but où nous nous tenons.

  • Le pistage.

Le chien suit une piste tracée au sol.

  • La recherche d’objet.

Le chien doit retrouver un objet caché.

  • La hooper agility

Le chien est guidé à distance sur un parcours qui comprend des tunnels, des arceaux sous lesquels passer et des objets à contourner.

  • Les tricks

Il s’agit simplement d’apprendre des comportements au chien, dans la limite de notre imagination.

Photo: Une Truffe au Poil

Toutes ces activités permettent de conserver du dynamisme et de l’envie.

Égayer le quotidien.

Tous les jours ne sont pas roses lorsqu’on supporte des douleurs chroniques, qu’on fatigue vite, qu’on voit les chiens plus jeunes ou plus en forme de la maison partir en balade sans nous ou que les sorties se raréfient.
On peut toutefois leur rendre la vie plus douce, en leur proposant d’autres choses pour s’occuper.

  • Distribuer la nourriture de façon ludique.

Avec des jouets distributeurs, dans des kongs, des tapis de fouille ou en la dispersant dans le jardin, il y a de nombreuses façon de distribuer la ration journalière du chien, en lui offrant une occasion de se divertir.

  • Ramener le dehors dans le dedans.

Puisque se balader devient difficile, pourquoi ne pas ramener à la maison les distractions de l’extérieur?
En prélevant des feuilles mortes dans la forêt, en déposant des odeurs liquides de gibier dans un coin d’herbe ou en déterminant un coin à creuser dans le jardin, on peut offrir à nos chiens certains des plaisirs qui leurs sont aujourd’hui difficiles d’accès.

  • Autoriser les « bêtises »

Nous interdisons certains comportements de nos chiens, non pas parce qu’ils sont dangereux mais parce qu’ils ne sont pas pratiques. Mais pour apporter de la joie, pourquoi ne pas les autoriser à nouveau, de façon encadré?

On peut ainsi lui donner des mouchoirs à déchiqueter, lui permettre d’explorer la cage du lapin avant de la nettoyer ou encore lui préparer des sacs de course sur mesure (l’inspection des emplettes est un loisir très prisé chez nous).

 

Voilà, j’espère que ce rapide tour d’horizon vous aidera à trouver des pistes pour offrir de bons moments à votre chien, et que cela l’aidera lui, mais également vous à gérer ces choses difficiles que sont la maladie et/ou le temps qui passe.

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