Jouer sans se blesser, quelques points de vigilance

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Vivre avec des êtres vivants, c’est prendre des précautions. Pour certaines, les mesures sont bien ancrées (du moins pour les personnes saines d’esprit): ne pas donner d’os cuit, ne pas faire de randonnée avec un chiot de 3 mois ou, pour coller à l’actualité, ne pas laisser le chien dans la voiture lorsqu’il fait chaud. Pour d’autres, le message est plus difficile à faire passer car moins unanime, par exemple, certaines friandises à mâcher vendues en animalerie représentent un danger pour le chien, mais comme elles y sont toujours vendues, difficile de convaincre et informer le plus grand nombre.

Aujourd’hui je vais parler de certains des risques physiques que nous faisons prendre à nos chiens, de façon presque automatique,  sans imaginer que ce que nous demandons soit si intense, ou en pensant bien faire.

Les jeux de lancer

Beaucoup de gens jouent à la balle avec leur chien, cela fait même partie de l’imaginaire collectif. Quand on dit chien, on pense os et balle.
Pourtant, aussi basique que paraisse cette activité, elle est loin d’être anecdotique, point de vue physique.
Lorsque le chien se lance à la poursuite de l’objet, non seulement un très grand nombre de muscles sont sollicités pour permettre ce mouvement explosif, mais il le fait également sans prêter vraiment attention à où et comment il se déplace, étant focalisée sur sa proie, traquant sa vitesse et sa trajectoire.
Déjà là, vous avez pu percevoir le risque de blessure: un chien qui démarre à toute berzingue sans faire attention à ce qu’il fait, risque de trébucher, déraper, percuter quelque chose (voir quelqu’un), avec des conséquences fâcheuses proportionnelles à la la vitesse et l’intensité qu’il met dans sa course.
Mais il n’y a pas que la course en elle même qui est potentiellement risquée, sa fin l’est même plus. C’est moins évident, mais le freinage pour attraper l’objet demande également un énorme effort musculaire.

Le gros problème de ce type de jeu est qu’il est fait comme ça, sans y penser, parce que c’est marrant, que le chien aime bien, qu’on a besoin de le fatiguer un peu etc. Il n’y a donc pas d’échauffement ou de retour au calme, les muscles, les articulations et les ligaments sont sollicités comme ça, d’un coup, et tout s’arrête aussi sec. Cela augmente les risques de déchirures, tendinites et autres joyeusetés.
Également, ne percevant pas le jeu de balle comme une véritable activité sportive, nous ne prêtons que peu attention à la fatigue du chien, à son épuisement. Si en fait, nous prêtons attention à la longueur de sa langue, le signal pour nous que, c’est bon, il est fatigué, on peut rentrer. Or le chien commence à fatiguer bien avant de nous le montrer de façon aussi évidente. Et un chien fatigué est un chien qui contrôle moins bien ses mouvements, et qui risque donc plus de se faire mal.

Il y a également des risques comportementaux dans les jeux de lancer, mais je ne vais digresser ici, sinon je vais encore faire 3 pages ;). L’idée est juste de souligner le fait que courir après quelque chose est véritablement une activité physique, qui devrait être abordée en tant que t’elle et non pas comme une distraction qu’on fait comme ça, de temps en temps, parce qu’on en a envie et que ça tombe bien.
Parmi les règles de sécurité qu’on pourrait retenir:

  • On ne lance pas face au chien mais dans sa course
  • Si on a dû mal à contrôler la distance et l’orientation du jouet qu’on lance, on préfère lancer dans l’eau
  • Peu de répétitions
  • Jamais à froid
  • On accompagne le retour au calme du chien
  • Attention au choix des surfaces

Si vous lisez l’anglais, je vous invite à aller ici.

Le sport de loisir

J’en ai déjà parlé ici donc je vais faire bref (sisi, ça m’arrive), mais avec la démocratisation des sports canins, nous nous retrouvons confrontés à une situation particulière: les chiens peu actifs pratiquant un sport.
Tous les chiens que vous croisez un club canin ne sont pas des chiens de sport, avec l’activité, la préparation physique et le suivi médical qui va avec. Un grand nombre sont des chiens de compagnie, avec leurs petites balades régulières, leurs jeux dans le jardin.
Ni voyez pas d’élitisme de ma part, je trouve ça super que tout à chacun puisse aller s’amuser avec son chien, 1 ou 2 fois par semaine, sur un terrain de sport. Le tout est d’avoir conscience qu’on joue avec un chien de compagnie et, soit adapter ses objectifs en conséquence (par exemple, est ce bien raisonnable de demander à un chien d’aller toujours plus vite, alors qu’il n’a ni la musculature pour le faire de façon confortable, ni la conscience de soi suffisante pour limiter le risque de blessure?), soit mettre en place une démarche de préparation.

Le fitness canin

Sur ce sujet là, ce qui est moche c’est qu’au départ, cela part d’une bonne intention. Averti sur l’exigence des sports canins, on souhaite préparer et entretenir son chien, afin d’éviter qu’il ne se blesse.
Le souci, c’est que tout ne devrait pas être fait sans que nous même ayons suivi un enseignement spécifique, et qu’avec le succès de cette activité sur les réseaux sociaux, les vidéos de démonstration ou de tutoriels foisonnent, incitant chacun à se lancer, pas toujours comme il faut.

Il est important pour moi de distinguer ce qui relève de la proprioception et ce qui relève de la musculation.
La proprioception a pour but d’accroître la conscience que le chien a de soi même. Un tas d’exercices sont accessibles à absolument tous les chiens et tous les propriétaires, ne demandant pas d’autres efforts au chien que celui de se concentrer.
La musculation par contre a pour but de développer les muscles et engage donc réellement l’intégrité physique du chien. Comme en humaine, des précautions doivent être prise pour éviter toutes blessures: l’échauffement, le retour au calme, l’alternance des muscles sollicités, l’attention portée à la posture et l’ajustement de l’intensité de l’exercice aux capacités du chien.
Pour les 2 premiers, pas de problème. Pour le reste par contre, cela demande de réelles connaissances. Pour alterner les muscles travaillés, il faut savoir quel muscle travaille dans tel ou tel exercice. Pas si facile sans connaissance d’anatomie. De même pour la posture, il n’est pas forcément si intuitif de savoir laquelle et la bonne. Quant à l’intensité, elle est parfois difficile à jauger, tant l’envie du chien le pousse à faire des choses, même quand c’est difficile, mais aussi parce que juger de la difficulté d’un exercice demande là aussi des connaissances assez pointues.

En bref, le mieux est l’ennemi du bien.

Voilà pour ce micro tour d’horizon sur les petites bêtises du quotidien. Il y a bien d’autres choses à dire… Mais il y aura bien d’autres articles 😉

Lectures complémentaires et

 

A bientôt!

Hélène Cudel

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