Les premiers apprentissages

Publié le Publié dans Non classé, Type B

Mon chien vient d’arriver à la maison, là il y a juste quelques instants.
Moment attendu depuis longtemps qui a suscité tout un tas de rêves, de projets, de questions et d’enjeux.
Oui mais… Par où commencer?

Aujourd’hui, je vous expose ce que sont, pour moi, les 3 apprentissages à mettre en place en premier lieu: 1 chose que vous devez apprendre, 1 travail de fond et 1 comportement à lui apprendre.

Ce que vous devez apprendre.

En lisant le titre, je suppose que vous vous attendiez plus à ce que je parle de la propreté ou du rappel que d’une chose que VOUS devez apprendre. Et pourtant…

La base de tout, de votre relation avec votre chien, mais aussi de la possibilité de lui enseigner, c’est la communication. La communication, c’est la transmission d’une information entre un émetteur et un récepteur.
De l’humain vers le chien c’est assez simple à modéliser: c’est le chien qui s’assoit quand on dit « assis » ou qui vient se coucher contre nous quand on pleure. Notre chien comprend notre langage corporel et para verbal sans que nous ayons besoin de réaliser une démarche particulière. Et pour ce qui est de la communication verbale, c’est là dessus que se base un grand nombre de séances de travail avec nos chiens: associer un comportement à un mot.
Mais si le chien nous comprend, par analyse et par apprentissage, finalement nous, nous passons souvent à côté des informations qu’il nous donne. Ce n’est plus vraiment un échange alors mais plutôt un monologue.

Or, comprendre, être à l’écoute de ce que nous dit notre chien est primordial. C’est ainsi que nous pouvons déterminer l’état émotionnel dans lequel il est et agir en conséquence. C’est en comprenant ce qu’il dit que nous pouvons éviter de poursuivre un exercice qui le stresse, lui infliger de passer sur un pont alors qu’il est terrifié, déterminer si se faire caresser par cette petite fille lui convient ou pas, éviter un conflit entre chiens…

Bref, lire le chien permet de le respecter et d’assurer la sécurité de tous.

La très grande majorité du langage du chien passe par le corps: la position de la queue et des oreilles, le mouvement de la queue, de la tête ou des babines, la posture du corps  etc.

Donc la première étape est de savoir capter ces petits signaux, qui sont parfois très discrets.
Là est la première étape, déjà pas forcément évidente. Mais si il suffisait de les voir pour savoir instantanément ce que cela signifie se serait trop facile.

Une fois que vous voyez ces signaux, il vous faut apprendre à déterminer ce qu’ils signifient, en fonction de l’individu lui même et du contexte.

signaux d'apaisement chien

On voit beaucoup circuler sur internet de petits panneaux récapitulatifs comme celui ci. Si on ne peut pas dire qu’ils soient faux, ils sont pour le moins incomplets.
Certes il y a des signaux qui ne trompent pas, un chien complétement recroquevillé sur lui même est un chien qui a peur.
Mais pour une multitude d’autres postures et mimiques, c’est plus subtil. Un chien qui se lève la truffe peut tout simplement chercher à l’humidifier pour mieux capter les odeurs.

En somme, pour comprendre votre chien, une fois que vous savez capter ses signaux, il vous faut:

  • Prendre en compte le contexte global
  • Prendre en compte la morphologie de votre chien (pour un carlin, retrousser les babines, remuer la queue, orienter les oreilles, tout ça, c’est difficile).
  • Prendre en compte ses « tics » de langage. Par apprentissage, en fonction de ses expériences et de son milieu de vie, ou tout simplement parce qu’il est comme ça, votre chien peut développer ses propres signaux. Linux invite à jouer en mordillant le cou. Nomi claque des dents lorsqu’elle s’impatiente que je lance le frisbee, Flappy « chante » quand il apprécie les caresses. Cette communication leur est propre et n’existerait pas, ou n’aurait pas forcément le même sens, chez un autre individu.

Le travail de fond.

Il y a selon moi, un travail à commencer dès le départ avec notre chien, c’est lui apprendre à gérer ses émotions.
Pourquoi?

Parce que finalement, ce que nous attendons de notre chien, c’est qu’il soit aimable, social, adaptable et coopératif.
Et tout cela n’est possible que si il ne se laisse pas envahir par des émotions trop intenses. Si la vue d’un autre chien le submerge de peur, il ne sera ni aimable ni sociable. Si chaque brin d’herbe qui bouge le met dans une joie intense il ne pourra ni s’adapter à notre vie, ni coopérer à notre demande de ne pas tirer sur sa laisse par exemple. Or, le chien fonctionne massivement par la réponse à ses émotions, c’est ce qui lui permet de s’adapter et de perdurer (c’est la peur qui permet d’adopter le comportement adéquat face au danger… Et donc de sauver sa peau!)

Lui apprendre à gérer ses émotions, c’est utile pour nous, mais cela l’est également pour lui. Les émotions intenses sont très fatigantes et l’organisme peut mettre un long moment à revenir à son état « normal ».
De plus, plus l’émotion est forte, plus la réponse comportementale sera forte. Un chien submergé risque donc de se mettre en danger, ou de mettre en danger autrui (en fonçant sur le chien qu’il est fou de joie de voir mais qui va peu apprécier cette entrée en matière et le manifester à coups de croc / en fonçant sur le vélo qui l’excite énormément et en faisant tomber le cycliste).

Suivant les individus, cela sera si évident que l’on aura l’impression de n’avoir rien à faire, pour d’autres ce sera un sacerdoce.

Un grand nombre de protocoles peuvent être mis en place pour aider le chien vers une stabilité émotionnelle: l’habituation (apprendre à ne pas répondre à un stimulus à force de le fréquenter sans que rien ne se passe), la désensibilisation ( exposition progressive, à un niveau toléré, au stimulus dérangeant en faisant une association positive), le contre conditionnement (associer une autre réponse comportementale à l’arrivée du stimulus), la facilitation sociale (lui permettre de s’appuyer sur le comportement d’un congénère), la gestion de la frustration, le contrôle de l’impulsion, le moment de calme ou la balade de détente émotionnelle (pour ces deux points, je vous invite à faire un tour par ) etc.

Bref, pour chaque individu, suivant ses émotions, son histoire, ses instincts et son milieu de vie, il est possible de mettre en place un cadre lui permettant d’évoluer vers un état serein. Qui ne veut pas dire éteint! Le but n’est pas que le chien ne ressente rien, mais que son ressenti ne le dépasse pas. Et pour faire le lien avec mon article précédent… Un chien stable est un chien comblé.

Le tout premier comportement sur signal.

Le premier signal a apprendre au chien selon moi, celui qui est utile tout de suite, tout le temps, et même parfois salvateur, c’est le « Tu laisses ».

Le but? Enseigner au chien à abandonner son idée première, à se détourner du stimulus sur demande.

Sacrément utile, « Tu laisses (la paire de chaussures)? », « Tu laisses (la crotte de chat?) », « Tu laisses (le chien qui s’étrangle en bout laisse sur l’autre trottoir) »?

 

Voilà ma petite base chien à moi 🙂

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